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JUILLET-SEPTEMBRE 12

BULLETIN TRIMESTRIEL DE L'OBSERVATORI DEL PAISATGE - 34

L'OBSERVATEUR

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Slow Food et paysages vivants

Jordi Sargatal
Président de Slow Food Empordà

Il y a un mois de cela, début juin 2012, Georgina Regàs, qui a eu le courage de se lancer dans un projet ambitieux, le Musée de la confiture, et qui, comme moi, est une passionnée d'ornithologie, m'a passé le témoin de la présidence de Slow Food Empordà, avec l'accord de l'assemblée générale de cette association.

Je connaissais déjà le mouvement Slow Food, une excellente idée lancée en 1986 par Carlo Petrini dans la petite ville de Bra, en Italie. Dès le début, j'ai été attiré par ce mouvement, par sa façon de s'organiser et d'essaimer ses idées, et surtout par sa volonté de défendre les variétés autochtones de plantes et d'animaux domestiques, c'est-à-dire cette biodiversité modulée par les humains mais parfaitement adaptée à chaque climat et à chaque territoire, et que les paysages humanisés ont en même temps contribué à moduler.

Il y a un certain temps, Carles Ginès m'a demandé de présenter son livre de recettes et de collaborer en cela avec Jordi Jacas (El Molí de l'Escala), Lola Puig (El Fort d'Ullastret) et Marc Gascons (Els Tinars, Llagostera), jeunes cuisiniers de talent, ainsi qu'avec un chef tout aussi talentueux, bien qu'un peu moins jeune, Jaume Subirós (Motel de Figueres). Il m'est venu à l'idée de compter le nombre d'espèces animales et végétales qui entraient dans la composition des recettes et bien évidemment, chacune d'entre elles était un véritable traité de biodiversité.

Les repas, et l'achat de produits alimentaires, peuvent donc se convertir en un exercice de protection du paysage et des variétés locales, et être d'une grande aide pour les agriculteurs qui appliquent de bonnes pratiques de culture, respectueuses de l'environnement.

Lorsque nous jouissons d'un paysage et admirons ses merveilleuses mosaïques de prés et de bois, et le travail des bergers avec leurs troupeaux, il semble logique de s'adresser à eux lorsque nous avons besoin de viande pour les aider à préserver ce paysage. Lorsque nous chantons les louanges des paysages vinicoles catalans ou des champs d'oliviers, quoi de plus logique là aussi que de consommer les vins et les huiles qui y sont produits, et qui, de plus, sont d'excellente qualité ?

En fait, c'est à partir du moment où le genre humain a commencé à cultiver les champs et à domestiquer les animaux qu'a débuté le processus d'humanisation du milieu et qu'a commencé la construction des paysages humanisés, qui sont précisément ceux dont nous admirons aujourd'hui la beauté. Au cours des dernières décennies, un excès de " développement " a cependant transformé une bonne partie de ces paysages doucement humanisés en paysages fortement mécanisés. Il est vrai qu'ils sont aujourd'hui plus productifs, mais aussi qu'ils moins beaux et moins vivants.

Le mouvement Slow Food souhaite préserver la beauté et la vie des paysages. Il veut faire en sorte que les aliments retrouvent leur goût et soient écologiques et équitables, chose facile à dire et difficile à faire, mais impérative si nous autres humains voulons avoir un certain avenir sur cette planète et vivre avec un minimum de dignité, entourés des autres espèces qui forment l'extraordinaire biodiversité qui nous accompagne, de plein droit, dans la merveilleuse aventure de la vie sur Terre.

Jordi Sargatal Vicens Président de Slow Food Empordà Directeur du Parc Naturel dels Aiguamolls de l'Empordà (1984-1998) Directeur de la fondation Territori i Paisatge (1998-2009)

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